Consigne pour recyclage : « un report qui doit permettre de mieux préparer la réussite du dispositif »
Paris, le 4 septembre 2026 – Eaux Naturelles de France (ENdF), syndicat des Eaux de source et des Eaux Minérales Naturelles, prend acte de l’arbitrage du Premier ministre conduisant à ne pas engager, à ce stade, la mise en place d’une consigne nationale pour recyclage des bouteilles en plastique, dont le principe avait été relancé au printemps dernier à l’initiative du Président de la République.

ENdF regrette ce report, alors que la nécessité d’améliorer significativement la collecte et le recyclage des bouteilles en plastique ne fait plus débat et que les échéances européennes se rapprochent. L’Union européenne fixe notamment un objectif de 90 % de collecte séparée des bouteilles en plastique à usage unique d’ici 2029.
Pour autant, la mise en place d’un dispositif de cette ampleur ne peut être improvisée dans l’urgence. Elle implique de faire évoluer les habitudes de millions de consommateurs, d’adapter les infrastructures et les organisations industrielles, de sécuriser les débouchés du recyclage et de prendre pleinement en compte le rôle et l’expertise des collectivités territoriales en matière de collecte.
Ce report doit donc être mis à profit pour préparer la réussite d’un dispositif national, et non pour repousser le sujet ou le rendre facultatif.
Poursuivre les travaux et fixer dès maintenant un nouveau calendrier
Pour ENdF, le travail doit se poursuivre sans attendre. L’absence de décision immédiate ne doit pas conduire à une nouvelle période d’attentisme alors que les objectifs européens restent pleinement d’actualité et que le nouveau cadre européen sur les emballages et déchets d’emballages est désormais entré en application.
ENdF appelle ainsi l’ensemble des parties prenantes — État, collectivités territoriales, éco-organismes, metteurs sur le marché, distributeurs et recycleurs — à poursuivre dès maintenant les travaux techniques et opérationnels engagés.
Il est également essentiel qu’un nouveau calendrier soit fixé dès à présent, avec des étapes, des objectifs et une trajectoire clairement définis. Le temps supplémentaire doit être un temps de préparation et de construction, afin que la France puisse être en mesure de déployer un dispositif national efficace dès que les conditions seront réunies.
« Nous regrettons que la mise en œuvre de la consigne nationale soit aujourd’hui reportée. Mais nous savons aussi qu’un dispositif aussi structurant ne peut réussir s’il est conçu et déployé dans la précipitation. Ce qui serait préoccupant, ce serait que ce report se transforme en immobilisme. Nous appelons donc à poursuivre immédiatement les travaux et à fixer dès maintenant un nouveau calendrier. Les échéances européennes, elles, ne sont pas reportées. » souligne Eaux Naturelles de France.
Des objectifs européens qui restent entiers
Cette étape ne change rien à la trajectoire que la France doit tenir. L’Union européenne prévoit une collecte séparée d’au moins 90 % des bouteilles pour boissons en plastique à usage unique d’ici 2029. Les États membres qui ne parviennent pas à atteindre cet objectif par d’autres moyens doivent mettre en place des systèmes de consigne pour atteindre cette performance.
Ces objectifs doivent désormais constituer un socle commun de travail pour l’ensemble de la filière. Le débat ne doit plus porter uniquement sur le principe d’une consigne, mais sur les conditions concrètes permettant d’atteindre les objectifs européens dans les meilleurs délais et avec le dispositif le plus efficace.
Se donner le temps de bien préparer — sans perdre de temps
Pour ENdF, ce délai doit être utilisé pour construire les conditions de réussite : déploiement des infrastructures, adaptation des filières industrielles, financement, organisation de la collecte, accompagnement des consommateurs et des commerçants, articulation avec les systèmes existants.
Préparer ne signifie pas attendre. C’est pourquoi ENdF propose d’engager dès les prochaines semaines des travaux techniques permettant de construire une trajectoire chiffrée, progressive et opérationnelle, associant l’État, les collectivités territoriales, les éco-organismes, les industriels et les recycleurs.
Une responsabilité industrielle : préparer l’accès à un gisement massifié de rPET alimentaire
Au-delà de la seule question de la collecte, ENdF est pleinement engagé pour atteindre les obligations croissantes d’incorporation de matière recyclée fixées par le PPWR : 30 % de plastique recyclé dans les bouteilles à usage unique en 2030, puis 65 % en 2040.
Ces échéances engagent directement notre responsabilité de producteurs. Il est de notre devoir de mettre en œuvre, dès aujourd’hui, les conditions d’accès à un gisement massifié de rPET alimentaire, pour assurer la circularité de nos emballages et, de fait, la décarbonation de notre activité.
Cette matière recyclée constitue en effet un levier essentiel de souveraineté industrielle, d’autonomie stratégique et de décarbonation : sécuriser son accès, en quantité comme en qualité, sur le territoire national et européen, c’est réduire notre dépendance aux importations, garantir la continuité de production de nos sites industriels et tenir nos engagements climatiques.
ENdF se tient prêt à contribuer, avec l’État, les collectivités territoriales et l’ensemble de la filière, aux travaux permettant de construire dès maintenant une trajectoire crédible vers les objectifs européens de collecte, ainsi qu’à ceux visant à sécuriser, pour un bien de première nécessité que sont les eaux de source et les eaux minérales naturelles, un accès prioritaire et équitable à la matière recyclée issue de leurs propres emballages.
Continuer à avancer : telle est, pour Eaux Naturelles de France, la feuille de route pour faire de l’économie circulaire des bouteilles PET un atout industriel et environnemental pour la France.




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