Hydrater les sportifs sans caricaturer le débat environnemental
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À l’occasion de la 49e édition du Marathon de Paris, qui a rassemblé 60 000 coureurs amateurs et professionnels, il faut d’abord saluer un succès populaire incontestable. L’essor de la course à pied constitue une excellente nouvelle pour la santé publique, pour le bien-être individuel et, plus largement, pour la promotion de l’activité physique.
Dans ce contexte, le choix des organisateurs de ne plus recourir aux eaux de source et aux eaux minérales naturelles dans le dispositif d’hydratation des participants interroge.
Qu’un organisateur de marathon ou d’épreuve d’endurance fasse le choix de privilégier l’eau du robinet, rendue potable par traitement, plutôt qu’une eau naturellement saine à la source, relève de sa responsabilité. Chacun appréciera ce choix. Mais les participants, eux, acquittent un droit d’inscription qui doit leur garantir une organisation sûre, des ravitaillements de qualité et un niveau de prestation cohérent avec le standing d’un événement international de premier plan.
Là où le débat devient plus contestable, c’est lorsque cette orientation s’accompagne d’un discours opposant de manière simpliste la bouteille d’eau en plastique à l’exigence écologique. Une telle présentation est réductrice et ne correspond plus à la réalité industrielle actuelle.
Les emballages des eaux conditionnées ne sont plus ceux d’hier. Les bouteilles sont aujourd’hui en PET, intègrent de la matière recyclée et sont entièrement recyclables. Elles s’inscrivent dans une logique d’économie circulaire portée par une filière engagée depuis plusieurs années dans l’amélioration continue de ses performances environnementales.
Il n’est donc ni juste ni pertinent de faire des industriels des eaux embouteillées les symboles commodes d’un contre-modèle écologique, alors même que l’univers du sport et de la course à pied mobilise lui aussi des équipements, textiles techniques et matériels dont l’empreinte environnementale est rarement interrogée avec la même intensité.
Le débat environnemental mérite mieux que des postures. Il appelle de la cohérence, de l’honnêteté et du dialogue. Les eaux de source et les eaux minérales naturelles ont toute leur place dans une stratégie d’hydratation des sportifs qui soit à la fois saine, sûre et compatible avec les exigences contemporaines de circularité des emballages. Plusieurs entreprises de notre secteur travaillent déjà en ce sens avec des sportifs de haut niveau et leurs fédérations.
Opposer eaux de sources ou minérale et écologie est un faux débat. L’enjeu n’est pas de supprimer la bouteille, mais de mieux la récupérer, de mieux la trier et de mieux la recycler. C’est bien dans cette logique que doit s’inscrire un modèle de ravitaillement moderne : une hydratation de qualité pour les coureurs, associée à une collecte immédiate, à un tri sur site et à un recyclage en boucle fermée des emballages consommés.
Un grand marathon doit pouvoir garantir à chacun une eau de qualité, sûre, identifiable et facile à consommer. L’écologie ne doit pas compliquer, et en conséquence restreindre, l’hydratation des sportifs ; elle doit contribuer à l’améliorer.
À l’approche de la 50e édition du Marathon de Paris, notre secteur appelle donc à un dialogue constructif avec les organisateurs et la mairie de Paris, propriétaire de l'évènement. Il est prêt à proposer des solutions concrètes pour concilier exigence sanitaire, qualité de l’hydratation et ambition environnementale, sans caricature ni renoncement.




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